EQUITHERAPIE ( 3ème partie )

Publié le par www.arequipa2003.org

Hippothérapie, TAC et équitation adaptée: différentes prises en charge

Les prises en charge:

- L'hippothérapie
- La Thérapie Avec le cheval (TAC)
- L'équitation adaptée

Plusieurs termes sont utilisés pour définir les prises en charge, parfois utilisés l'un à la place de l'autre… revenons sur la définition de chacun.

L'hippothérapie

Utilisée par les physiothérapeutes, l'hippothérapie s'adresse à des personnes très lourdement handicapées, incapables d'avoir une action sur la préparation ou la direction d'un cheval ou d'un poney. C'est le cheval ou le poney sur qui l'on pose ces personnes, enfants ou adultes, qui est l'acteur de la relation par sa masse, sa chaleur, sa taille, son rythme et sa prestance. Le cavalier reste donc passif, il ne demande rien à sa monture, il " subit " les mouvements provoqués par le déplacement de l'animal.

Le thérapeute a tout d'abord un rôle de sécurité, il doit veiller au maintien du patient sur l'animal et respecter les règles de sécurité. Celles-ci seront d'autant mieux appréhendées si le thérapeute connaît bien les chevaux. En effet, ceux-ci ont des réactions qui leur sont particulières et peuvent parfois surprendre.
Il doit d'autre part rester attentif aux demandes du patient qui ne sont pas toujours claires, parfois exprimées par d'autres modes de communication que le langage. Ainsi, il mène la séance tout en incluant les désirs du patient et en lui proposant chaque mouvement avant de le lui faire " subir ".


La thérapie avec le cheval (TAC)

C'est une terminologie qui succède à l'appellation " Rééducation Par l'Equitation " (RPE).

Dans leur ouvrage,(" La rééducation par l'équitation ", Edition Crépin Leblond, 1973) Hubert LALLERY et Renée de LUBERSAC définissaient la RPE comme : " une méthode thérapeutique globale et analytique, extrêmement riche, qui intéresse l'individu dans son complexe psychosomatique, qu'elle soit pratiquée avec des handicapés physiques ou des handicapés mentaux ".

Il est important de préciser que les auteurs ajoutent que : " l'art équestre, en RPE, sert uniquement de base de référence : l'utilisation du cheval dans un dessein thérapeutique n'est pas l'apprentissage de l'équitation et encore moins de la compétition ".

Une évolution a amené la RPE à la TAC. Renée de LUBERSAC déclare en 1999 : " A l'heure actuelle nous sommes amenés à adopter un travail suscitant un " dialogue avec le cheval " qui est de l'ordre d'un dialogue où l'autre est reconnu comme tel, où la demande et la réponse sont repérées. Un travail qui s'efforce d'étendre cette situation aux rapports du sujet avec son environnement de vie, tels sont les buts que nous nous fixons. La TAC est une thérapie d'approche corporelle proposant des possibilités de régression dans une dynamique évolutive de réaménagement des fonctionnements psychiques et physiologiques, et de conservation d'acquis selon les cas ". (Le journal des psychologues, n°165, Mars 1999)

La TAC est une thérapie à médiation corporelle. Elle utilise le cheval comme moyen d'aller mieux dans son corps et dans sa tête.
Son principe primordial est de créer un réseau de communication avec le thérapeute, avec le groupe et avec le cheval.

Le patient joue un rôle actif. Dans cette perspective, tout ce qui concerne l'animal devient important : l'approche (l'envie ou au contraire l'appréhension de le toucher), le choix du cheval, ainsi que le choix du déroulement de la séance (monter ou non). Ces éléments devenant ensuite matière à discussion. Mais sont essentiels les soins du cheval ainsi que la compréhension progressive de ses comportements. Outre le travail basé sur l'aspect relationnel, le cheval peut être utilisé comme médiateur permettant de travailler sur des objectifs précis portant en général sur des améliorations au niveau psychomoteur (schéma corporel, espace, coordination, dissociation, latéralité, tonus, équilibre…), au niveau psychique (relaxation, confiance en soi, découverte d'aspects cachés de soi…), au niveau cognitif (particulièrement en cas de blocages avec d'autres moyens didactiques) et au niveau social (le manège créant un espace de rencontre).

Il est important de préciser ici que ce n'est pas la rencontre patient-cheval qui est en elle-même thérapeutique, mais ce que feront de ce moment les deux personnes en présence (le patient et le thérapeute), à travers une sollicitation réciproque.

Le vécu corporel du patient a sans aucun doute à voir avec la façon dont il s'est senti exister dans les bras et la psyché de sa mère.

Le thérapeute se doit de prendre en compte ces conduites, les rattacher à l'histoire précoce de la personne dont il s'occupe, à ses angoisses primaires qui peuvent resurgir à cette occasion. Il doit l'assurer de son empathie, et l'aider parallèlement à dépasser ce stade en lui faisant découvrir des expériences sensori-motrices nouvelles, assorties à une relation stable, sécurisante et contenante.


L'équitation adaptée

Dans cette approche, le travail est axé sur le développement des compétences équestres, avec des objectifs tels que le plaisir de monter à cheval, l'amélioration de la forme physique, l'augmentation de la confiance en soi, la possibilité d'être réinséré dans des manifestations lors de concours…

Le thérapeute doit également pouvoir entraîner le patient à un haut niveau équestre et l'encourager dans ses démarches, le valoriser et favoriser sa confiance en lui.

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Publié dans le Handicap

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